« Ce qui » ou « ce qu’il se passe » : la règle enfin claire en 2026

septembre 25, 2026


La question de savoir s’il faut écrire « ce qui se passe » ou « ce qu’il se passe » est l’une des plus fréquentes en orthographe française. Ces deux tournures se ressemblent tellement à l’oral qu’il est facile de se tromper à l’écrit. On fait un tour d’horizon complet de cette règle grammaticale pour vous aider à ne plus hésiter, que vous soyez professionnel de santé, patient ou simplement curieux de maîtriser votre langue.

En bref

  • « Ce qui » s’utilise quand le verbe est personnel et que « qui » est le sujet grammatical.
  • « Ce qu’il » s’impose toujours avec le verbe impersonnel falloir.
  • Avec des verbes comme se passer, arriver ou rester, les deux constructions sont acceptées.
  • Maîtriser cette distinction améliore la clarté de vos écrits professionnels et personnels.

Pourquoi cette confusion entre « ce qui » et « ce qu’il se passe » ?

Entrons dans le détail : à l’oral, la distinction entre « ce qui se passe » et « ce qu’il se passe » est quasi imperceptible. Dans un registre familier, le pronom « il » se réduit souvent à un simple « i » aspiré, ce qui rend les deux formes phonétiquement identiques. C’est précisément cette proximité sonore qui génère tant d’hésitations à l’écrit, y compris chez des locuteurs cultivés.

Cette confusion est particulièrement fréquente dans les écrits professionnels, les rapports médicaux, les courriers administratifs ou les comptes rendus. Pour un soignant qui rédige quotidiennement des documents importants, maîtriser cette distinction n’est pas anecdotique : la clarté de l’expression écrite participe directement à la qualité de la communication avec le patient et les collègues.

La différence tient en réalité à une question de syntaxe : s’agit-il d’un verbe impersonnel ou personnel ? Le sujet grammatical est-il un pronom « il » de forme impersonnelle ou le pronom relatif « qui » ? Voyons ensemble comment démêler tout cela.

La règle de base : quand écrire « ce qui se passe » ?

La construction « ce qui se passe » est la tournure personnelle. Dans ce cas, le pronom relatif « qui » joue le rôle de sujet grammatical du verbe qui suit. Il reprend l’antécédent « ce », qui désigne une chose, une situation ou un événement.

Prenons un exemple concret :

« Je ne comprends pas ce qui se passe dans son organisme. »

Ici, « qui » est le sujet de « se passe ». On peut reformuler la proposition relative de manière autonome : « une chose se passe dans son organisme ». Le sujet est bien réel, concret, et « qui » le représente. Cette construction est la plus naturelle dans la langue courante et soignée lorsque le verbe admet une construction personnelle.

Autre exemple dans un contexte médical :

« Le médecin observe attentivement ce qui arrive au patient. »

Là encore, « qui » est le sujet de « arrive » : quelque chose arrive au patient. La phrase est grammaticalement irréprochable.

On utilise donc « ce qui » :

  • Quand le verbe est employé dans une construction personnelle (le sujet est réel).
  • Quand le verbe est suivi sans complément indirect introduit par « à » ou « de ».
  • Dans une langue soignée, pour des verbes comme se passer, arriver, rester, convenir.

Quand faut-il absolument écrire « ce qu’il se passe » ?

La construction avec « ce qu’il » s’impose dès lors que le verbe est impersonnel. Un verbe impersonnel est un verbe qui ne se conjugue qu’à la troisième personne du singulier, avec un « il » dit « explétif » ou impersonnel — c’est-à-dire un « il » qui ne renvoie à aucune réalité concrète.

Le cas le plus emblématique est celui du verbe falloir :

« Avant chaque consultation, je vérifie ce qu’il faut préparer. »

Ici, il est impossible d’écrire « ce qui faut » — ce serait une faute grossière. Le verbe falloir est strictement impersonnel : il n’existe qu’à la forme « il faut ». Le « il » est donc obligatoire et non supprimable.

D’autres contextes imposent « ce qu’il » :

  • Lorsque le verbe est suivi d’un complément introduit par « à » ou « de » : « ce qu’il plaît à Marie de faire ».
  • Lorsque le verbe ne peut fonctionner qu’à la troisième personne du singulier impersonnelle.
  • Dans des expressions figées comme : ce qu’il convient de faire, ce qu’il importe de retenir.

On vous livre quelques conseils pour mémoriser cela simplement : si vous pouvez remplacer « ce qu’il » par « la chose qu’il » et que la phrase reste cohérente avec le sens impersonnel, vous êtes sur la bonne voie. En revanche, si le sujet peut être rendu concret et remplacé par un nom réel, optez pour « ce qui ».

Les verbes ambivalents : zone de tolérance grammaticale

Certains verbes se situent dans une zone grise, car ils admettent à la fois une construction personnelle et une construction impersonnelle. C’est le cas de se passer, arriver, rester, advenir, résulter, convenir ou encore prendre (dans certains emplois).

Pour ces verbes, les deux tournures sont grammaticalement acceptées :

  • « Je ne sais pas ce qui se passe. » ✔
  • « Je ne sais pas ce qu’il se passe. » ✔
  • « Dites-moi ce qui reste à faire. » ✔
  • « Dites-moi ce qu’il reste à faire. » ✔

Cependant, les grammairiens s’accordent à recommander, dans un registre soutenu, de privilégier « ce qui » lorsque le verbe peut être personnel, et de réserver « ce qu’il » aux constructions strictement impersonnelles. Cette distinction subtile valorise votre niveau de langue, notamment dans les écrits professionnels de santé.

Il est également utile de savoir que l’Académie française et les grands grammairiens comme Grevisse, auteur du Bon Usage, ont documenté cette double acceptabilité. Selon Grevisse, dans la langue soignée, on préfère souvent éviter la tournure interrogative « Qu’est-ce qui se passe ? » au profit de « Dites-moi ce qui se passe », plus élégante. Pour approfondir votre compréhension de la langue française dans un contexte de communication en santé, vous pouvez consulter des ressources linguistiques reconnues.

Tableau récapitulatif des constructions

Construction Cas d’usage Exemple Correct ?
Ce qui Verbe personnel, « qui » = sujet réel Ce qui se passe est inquiétant. ✔ Toujours correct
Ce qu’il Verbe impersonnel (falloir, etc.) Ce qu’il faut savoir. ✔ Obligatoire
Ce qui / ce qu’il Verbes ambivalents (se passer, arriver, rester…) Ce qui / ce qu’il reste à dire. ✔ Les deux acceptés
Ce qui faut Jamais avec falloir ❌ Ce qui faut faire. ✖ Faute grave
Ce qu’il Verbe suivi de complément en « à » ou « de » Ce qu’il plaît à Jean de faire. ✔ Recommandé

Conseils pratiques pour retenir la règle

On vous livre quelques conseils pour ancrer cette règle durablement dans votre mémoire :

  • Testez le remplacement par « falloir » : si votre verbe peut être remplacé par falloir sans changer radicalement le sens, utilisez « ce qu’il ».
  • Posez-vous la question du sujet : est-ce que « quelque chose » est réellement le sujet du verbe ? Si oui, optez pour « ce qui ».
  • Cherchez le complément : si le verbe est suivi d’un groupe introduit par « à » ou « de », préférez « ce qu’il ».
  • Lisez votre phrase à voix haute en remplaçant « ce qui » par « cela » : si la phrase garde son sens, c’est généralement « ce qui » qui convient.
  • Relisez vos écrits professionnels : dans un compte rendu médical ou une lettre à un confrère, la rigueur linguistique reflète votre sérieux professionnel.
  • Consultez un dictionnaire de grammaire en cas de doute : le Bon Usage de Grevisse ou le Dictionnaire de l’Académie française font référence.

Dans le cadre de votre pratique de soignant, la précision du langage écrit est aussi importante que celle du geste médical. Une communication claire, qu’il s’agisse d’un diagnostic, d’un protocole ou d’un simple message à un patient, participe à la qualité des soins. La maîtrise de subtilités comme « ce qui se passe » ou « ce qu’il se passe » contribue à cette clarté.

Par ailleurs, si vous souhaitez approfondir la communication en santé et son impact sur la relation soignant-soigné, l’Haute Autorité de Santé (HAS) propose des ressources précieuses sur la qualité de l’information délivrée aux patients.

Questions fréquentes sur « ce qui » ou « ce qu’il se passe »

Peut-on toujours utiliser « ce qui se passe » à la place de « ce qu’il se passe » ?

Non, pas toujours. Avec des verbes strictement impersonnels comme falloir, il est obligatoire d’écrire « ce qu’il » (exemple : ce qu’il faut faire). En revanche, avec des verbes ambivalents comme se passer ou arriver, les deux formes sont acceptées, même si « ce qui » est souvent préféré dans un registre soutenu.

Pourquoi dit-on « ce qu’il faut » et jamais « ce qui faut » ?

Le verbe falloir est un verbe strictement impersonnel : il ne se conjugue qu’à la troisième personne du singulier et toujours avec le pronom impersonnel « il ». Il est donc grammaticalement impossible d’écrire « ce qui faut » : ce serait une faute grave. On dit et on écrit toujours « ce qu’il faut ».

La règle du « ce qui » ou « ce qu’il » s’applique-t-elle au passé ?

Oui, la règle reste la même quel que soit le temps. On dira donc « ce qui s’est passé » (construction personnelle) ou « ce qu’il s’est passé » (construction impersonnelle tolérée), et « ce qu’il a fallu faire » (obligatoire avec falloir). Le temps verbal ne modifie pas la nature personnelle ou impersonnelle du verbe.

Cette règle concerne-t-elle uniquement la langue écrite ?

À l’oral, la distinction est pratiquement inaudible, car le « il » impersonnel se réduit souvent à un son bref ou disparaît dans le débit naturel de la parole. C’est à l’écrit que la différence prend toute son importance, notamment dans les contextes professionnels, administratifs ou académiques où la rigueur orthographique est attendue.

Comment savoir si un verbe est impersonnel ou personnel ?

Un verbe impersonnel ne se conjugue qu’à la troisième personne du singulier avec le pronom « il », et ce « il » ne représente aucune réalité concrète (on parle d’un « il » explétif). Les verbes strictement impersonnels incluent falloir, pleuvoir, neiger. D’autres verbes peuvent fonctionner des deux façons : c’est le cas de se passer, arriver, rester. En cas de doute, consultez un dictionnaire grammatical ou reformulez votre phrase pour identifier le vrai sujet.

Conclusion : maîtriser « ce qui se passe » pour mieux communiquer

Voyons ensemble le bilan de cet article : la distinction entre « ce qui se passe » et « ce qu’il se passe » repose sur une logique grammaticale claire. Avec les verbes strictement impersonnels comme falloir, « ce qu’il » s’impose. Avec les verbes ambivalents, les deux constructions sont tolérées, mais « ce qui » reste préférable dans un registre soigné. Que vous soyez soignant, administratif ou patient, maîtriser « ce qui se passe » dans vos écrits quotidiens est un atout précieux pour une communication professionnelle irréprochable.

Julie

Passionnée de longue date par la médecine, j'ai décidé de rassembler dans ce blog toutes les infos santé utiles au plus grand nombre.

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