Journée de solidarité 2025 : tout comprendre sur vos droits et obligations

octobre 4, 2026


La journée de solidarité 2025 est fixée au lundi 9 juin, jour de Pentecôte. Instaurée en 2004, la journée de solidarité 2025 représente un mécanisme essentiel de financement en faveur de l’autonomie des personnes âgées et des personnes en situation de handicap. Pour les professionnels de santé et les soignants, comprendre ses modalités, ses implications pratiques et ses enjeux est indispensable. On fait un tour d’horizon complet de ce dispositif qui concerne l’ensemble des salariés du secteur public comme privé.

En bref

  • 📅 La journée de solidarité 2025 tombe le lundi 9 juin (lundi de Pentecôte).
  • 💶 Elle génère une Contribution Solidarité Autonomie (CSA) versée par l’employeur à la CNSA.
  • 👷 Le salarié effectue une journée de travail supplémentaire non rémunérée (ou perd un jour de repos).
  • 🏥 Les fonds récoltés financent plus de 300 projets innovants pour l’autonomie en 2025.

Origine et principe de la journée de solidarité

Entrons dans le détail de l’histoire de ce dispositif. La journée de solidarité a été instituée par la loi n° 2004-626 du 30 juin 2004, relative à la solidarité pour l’autonomie des personnes âgées et des personnes handicapées. Cette loi a été adoptée dans le contexte dramatique de la canicule de 2003, qui avait causé la mort de plusieurs milliers de personnes âgées en France.

L’objectif est double : d’un côté, mobiliser les salariés autour d’un effort collectif symbolique ; de l’autre, dégager des ressources financières stables pour financer des politiques sociales en faveur de l’autonomie. En pratique, cette journée prend la forme :

  • D’une journée de travail supplémentaire non rémunérée pour les salariés ;
  • Du versement par l’employeur d’une cotisation spécifique appelée Contribution Solidarité Autonomie (CSA), calculée à hauteur de 0,3 % de la masse salariale brute ;
  • De la collecte de ces fonds par la Caisse Nationale de Solidarité pour l’Autonomie (CNSA), qui les redistribue ensuite sous forme de financements aux structures et dispositifs d’aide.

Ce mécanisme repose donc sur un effort partagé entre salarié et employeur, ce qui le distingue d’une simple taxe patronale. Il s’inscrit dans une logique de cohésion sociale et de responsabilité collective, des valeurs particulièrement fortes dans le monde des soignants.

Journée de solidarité 2025 : quelle date et quelles modalités ?

La journée de solidarité 2025 se tient officiellement le lundi 9 juin 2025, jour correspondant au lundi de Pentecôte. Il s’agit de la modalité la plus couramment retenue en France, bien que la loi laisse une certaine souplesse dans le choix de la date.

En effet, voyons ensemble les différentes possibilités offertes par la réglementation :

  • Travail le lundi de Pentecôte (option par défaut si aucun accord d’entreprise ne précise autre chose) ;
  • Suppression d’un jour de RTT : le salarié cède un de ses jours de réduction du temps de travail au titre de la solidarité ;
  • Travail un autre jour férié, sous réserve d’accord collectif ou de décision unilatérale de l’employeur ;
  • Toute autre modalité permettant le travail de 7 heures supplémentaires non rémunérées dans l’année.

Il est important de noter que la journée de solidarité ne peut être due qu’une seule fois par an, même si le salarié change d’employeur en cours d’exercice. Cela est précisé à l’article L3133-10 du Code du travail. En cas de multi-employeurs, la charge incombe au premier employeur auprès duquel la journée a été accomplie.

Dates de la journée de solidarité — de 2022 à 2027
Année Date (lundi de Pentecôte)
2022 Lundi 6 juin
2023 Lundi 29 mai
2024 Lundi 20 mai
2025 Lundi 9 juin
2026 Lundi 25 mai
2027 Lundi 17 mai

Obligations des salariés et des employeurs

Les obligations respectives des parties prenantes sont clairement définies par la loi et les articles L212-16 à L212-17 du Code du travail. On vous livre quelques conseils pour bien les comprendre et les appliquer.

Du côté du salarié

Le salarié est tenu d’accomplir une journée de travail supplémentaire — soit 7 heures — sans rémunération additionnelle. Cette journée ne peut pas ouvrir droit à des heures supplémentaires, à des congés compensateurs, ni à une quelconque majoration de salaire. Elle est intégrée dans le temps de travail habituel sans contrepartie financière directe pour le salarié.

Pour les salariés à temps partiel, la durée de cette journée est réduite proportionnellement à leur temps de travail contractuel.

Du côté de l’employeur

L’employeur, quant à lui, doit verser à l’URSSAF (ou aux caisses équivalentes selon le secteur) la Contribution Solidarité Autonomie (CSA) calculée à 0,3 % de la masse salariale brute de l’ensemble des salariés. Cette contribution est due même si le salarié a déjà effectué la journée de solidarité auprès d’un précédent employeur dans la même année.

La CSA est ensuite reversée à la CNSA (Caisse Nationale de Solidarité pour l’Autonomie) qui en assure la gestion et la redistribution vers les départements et les structures habilitées.

Journée de solidarité 2025 et secteur de la santé : ce qui change pour les soignants

La journée de solidarité 2025 revêt une signification particulière pour les professionnels de santé. Dans les établissements hospitaliers, les EHPAD, les cliniques et les structures médico-sociales, cette journée s’inscrit dans un contexte de travail déjà dense et contraignant.

Voyons ensemble les spécificités propres au secteur :

  • Dans la fonction publique hospitalière, la journée de solidarité est organisée selon les modalités fixées par l’administration, généralement par la suppression d’un jour de RTT ou de CET (Compte Épargne Temps).
  • Les agents de nuit, les soignants en gardes et astreintes peuvent voir leurs modalités adaptées selon les accords locaux ou les décisions des directions des ressources humaines.
  • Les libéraux (infirmiers, médecins, kinésithérapeutes, sages-femmes…) sont soumis à une contribution spécifique via la Contribution Sociale Généralisée (CSG) et la Contribution de Solidarité pour l’Autonomie (CASA) sur leurs revenus.
  • Les établissements privés à but lucratif appliquent les règles du droit commun du travail salarié.

Pour les soignants, cette journée symbolise aussi un engagement envers les populations les plus vulnérables qu’ils accompagnent au quotidien — personnes âgées dépendantes, adultes en situation de handicap — ce qui lui confère une résonnance éthique et professionnelle forte.

Selon l’Assurance Maladie (ameli.fr), les soignants libéraux peuvent consulter leur espace professionnel pour vérifier les contributions spécifiques applicables à leur statut.

Comment les fonds sont-ils utilisés pour financer l’autonomie ?

La CNSA joue un rôle central dans la redistribution des fonds collectés au titre de la journée de solidarité. En 2025, ce sont plus de 300 projets innovants qui bénéficient de ces financements. Voici les principaux axes d’utilisation :

  • Développement de solutions numériques pour l’autonomie : applications de suivi à domicile, téléconsultations, outils d’aide à la mobilité ;
  • Financement des APA (Allocations Personnalisées d’Autonomie) versées aux personnes âgées dépendantes par les conseils départementaux ;
  • Soutien aux PCH (Prestations de Compensation du Handicap) ;
  • Formation et professionnalisation des aidants professionnels et des soignants en structures médico-sociales ;
  • Expérimentation de nouveaux modes d’accompagnement : habitat inclusif, solutions de répit pour les aidants familiaux, dispositifs de prévention de la perte d’autonomie ;
  • Aide à l’investissement des EHPAD et des établissements pour adultes handicapés.

La journée de solidarité génère chaque année plusieurs milliards d’euros de ressources, permettant à la France de maintenir un niveau de protection sociale élevé pour ses citoyens les plus fragilisés. C’est un mécanisme de solidarité intergénérationnelle qui prend tout son sens dans la perspective du vieillissement de la population française.

Conseils pratiques pour gérer cette journée sereinement

On vous livre quelques conseils pour aborder la journée de solidarité 2025 de façon organisée, que vous soyez salarié ou employeur dans le domaine de la santé.

  • Vérifiez votre accord d’entreprise ou de branche : certaines conventions collectives prévoient des modalités spécifiques différentes du lundi de Pentecôte. Renseignez-vous auprès de votre direction RH.
  • Anticipez l’organisation du planning : dans les structures de soins, le 9 juin 2025 peut représenter un jour de travail ordinaire ou un aménagement spécifique. Informez-vous bien à l’avance.
  • Posez la question à votre représentant du personnel si vous doutez des modalités applicables dans votre établissement.
  • Conservez une trace écrite de la journée accomplie : bulletins de salaire, compteurs RTT, planning signé. En cas de litige, ces documents font foi.
  • Pour les employeurs : vérifiez que la CSA est bien déclarée et versée à l’URSSAF dans les délais impartis, sous peine de pénalités.
  • Pour les libéraux : renseignez-vous sur votre régime de contribution propre auprès de votre caisse de retraite ou de votre expert-comptable.
  • Ne confondez pas journée de solidarité et don de jours de repos : ces deux dispositifs sont distincts et répondent à des logiques juridiques différentes.

Questions fréquentes sur la journée de solidarité 2025

Quelle est la date exacte de la journée de solidarité 2025 ?

La journée de solidarité 2025 est fixée au lundi 9 juin 2025, qui correspond au lundi de Pentecôte. Cette date est la référence par défaut, mais certains employeurs peuvent organiser cette journée à une autre date, via un accord d’entreprise ou de branche, ou en optant pour la suppression d’un jour de RTT.

Un salarié qui change d’employeur doit-il effectuer deux journées de solidarité dans l’année ?

Non. La journée de solidarité n’est due qu’une seule fois par an, quel que soit le nombre d’employeurs successifs. Cela est encadré par l’article L3133-10 du Code du travail. Si le salarié a déjà accompli sa journée chez un premier employeur, il est dispensé de la refaire chez le suivant. En revanche, le second employeur reste tenu de verser la CSA.

Les salariés à temps partiel sont-ils concernés par la journée de solidarité ?

Oui, les salariés à temps partiel sont également concernés, mais la durée de la journée de solidarité est réduite proportionnellement à leur temps de travail contractuel. Par exemple, un salarié à mi-temps effectuera 3h30 au lieu de 7h. Les modalités restent identiques : pas de rémunération supplémentaire pour ces heures.

La journée de solidarité est-elle obligatoire pour les travailleurs indépendants et les libéraux ?

Les travailleurs indépendants et les professionnels libéraux ne sont pas soumis à la même journée de solidarité que les salariés. Ils contribuent toutefois via des mécanismes spécifiques, notamment la Contribution Additionnelle de Solidarité pour l’Autonomie (CASA) et des prélèvements sur certains revenus de remplacement. Il est recommandé de se renseigner auprès de sa caisse ou d’un expert-comptable.

À quoi servent concrètement les fonds collectés lors de la journée de solidarité ?

Les fonds collectés via la Contribution Solidarité Autonomie (CSA) sont reversés à la CNSA (Caisse Nationale de Solidarité pour l’Autonomie). Ils financent notamment les Allocations Personnalisées d’Autonomie (APA), les Prestations de Compensation du Handicap (PCH), la formation des professionnels médico-sociaux, et plus de 300 projets innovants en 2025 visant à améliorer la qualité de vie des personnes âgées et en situation de handicap.

Que se passe-t-il si un salarié refuse de travailler lors de la journée de solidarité ?

Le refus de travailler lors de la journée de solidarité, sans motif légitime, peut être assimilé à une absence injustifiée et exposer le salarié à des sanctions disciplinaires. Il convient toutefois de distinguer les cas où la journée est fixée un jour férié (le salarié ne peut pas être contraint de travailler si son contrat ou la convention collective l’en dispense) des cas où elle se traduit par la suppression d’un RTT, qui est alors automatique.

Conclusion

La journée de solidarité 2025, fixée au lundi 9 juin, est bien plus qu’une simple formalité administrative. Elle incarne un engagement collectif fort en faveur des personnes âgées et en situation de handicap, et mobilise chaque année des milliards d’euros pour financer des dispositifs essentiels. Pour les soignants, acteurs de terrain de l’accompagnement et de l’autonomie, comprendre et appliquer sereinement ce mécanisme contribue à renforcer la cohésion du système de protection sociale français. On vous encourage à vous renseigner auprès de votre direction RH ou de votre représentant syndical pour connaître les modalités précises applicables dans votre établissement.

Julie

Passionnée de longue date par la médecine, j'ai décidé de rassembler dans ce blog toutes les infos santé utiles au plus grand nombre.

Laisser un commentaire